La sécurité se détériore dans l'Est de la RDC malgré les efforts diplomatiques
New York, Etats-Unis (PANA) - La situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer malgré la multiplication des initiatives diplomatiques, a déclaré mercredi Huang Xia, envoyé spécial de l'ONU pour la région des Grands Lacs africains, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
Les débats au Conseil de sécurité ont été marqués par un échange houleux entre le Rwanda et la RDC, chacun accusant l'autre de violer ses engagements. De profondes divisions persistent : la RDC exige le retrait immédiat des troupes rwandaises, tandis que le Rwanda met l'accent sur la menace que représente le groupe armé, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).
Selon UN News, lors de la réunion, plusieurs délégations ont appelé à un cessez-le-feu vérifiable et à la mise en œuvre des accords de paix de Washington et de Doha.
Dans son exposé, Huang Xia a souligné l'érosion de la confiance entre les acteurs de la région, qui entrave la mise en œuvre des engagements politiques. " Depuis mon exposé en octobre dernier, alors que la région a connu une intensification notable des initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire et humanitaire s'est détériorée de manière alarmante ", a-t-il déclaré.
Ces initiatives diplomatiques comprennent la signature des accords de Washington le 4 décembre 2025 et la reprise des négociations à Washington les 17 et 18 mars, à la suite de la prise temporaire d’Uvira, dans le Sud-Kivu, par le groupe armé M23 en décembre ; la mise en place du Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu et l’adoption du mandat du Mécanisme conjoint élargi de vérification " Plus " à Doha ; la reprise cette semaine des pourparlers de Doha entre les représentants du gouvernement de la RDC et ceux de l’AFC/M23, co-facilités par le Qatar et les Etats-Unis ; et au niveau continental, les efforts africains se sont intensifiés autour du médiateur de l’Union africaine.
Malgré ces efforts, a averti l’Envoyé spécial, la violence a pris une nouvelle dimension, marquée par l’utilisation croissante de technologies militaires de pointe : attaques de drones, brouillage et usurpation de signaux GPS, attentats à la bombe.
La mort tragique d’un employé du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le 11 mars à Goma, dans la province du Nord-Kivu, nous le rappelle douloureusement, a-t-il déclaré.
" Ce Conseil ne peut se permettre de voir se répéter un cycle de violence qu’il examine depuis bien trop longtemps. La mise en œuvre intégrale des résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) est urgente ", a-t-il dit.
Dans ce contexte, M. Xia a sollicité le soutien du Conseil pour exiger des progrès concrets de la part des parties au conflit.
Selon lui, la priorité immédiate est l’établissement d’un cessez-le-feu effectif, vérifiable et pleinement respecté. Sa crédibilité dépend de la mise en œuvre intégrale du mécanisme de surveillance et du mécanisme de vérification, dont les fonctions de surveillance, de vérification et de rapport sont essentielles pour rétablir une dynamique de désescalade.
Pour sa part, la directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous, a fait valoir que la paix en RDC ne sera garantie que lorsque les femmes ne seront plus considérées comme des victimes collatérales, ni leurs corps comme des butins de guerre, mais comme des actrices autonomes au service de la stabilité, de la responsabilité et de la paix.
" Sans sécurité, les femmes ne peuvent exercer leur leadership, et sans leur leadership, les efforts de paix et de relèvement sont voués à l’échec ", a-t-elle déclaré.
Selon elle, il en va de même pour l’ensemble de la région.
Mme Bahous a formulé trois demandes au Conseil de sécurité. Elle a appelé à une représentation égale des femmes dans les efforts de consolidation de la paix en RDC et dans toute la région.
Elle a fait remarquer que les Accords de Washington ne font aucune mention du rôle des femmes, des questions de genre ni même des violences sexuelles, qui constituent à la fois une caractéristique emblématique et un facteur déterminant du conflit.
Elle a appelé à la protection de la mission de maintien de la paix des Nations unies, la MONUSCO, et à la préservation de son mandat essentiel en RDC. Elle a rappelé que les militants et les défenseurs des droits humains ont bénéficié de sa protection, et que les casques bleus adaptent leurs patrouilles en fonction des alertes reçues des femmes locales.
Mme Bahous a appelé à soutenir les organisations de la société civile dirigées par des femmes et à protéger l'espace civique. " Nous pourrions autonomiser des milliers de femmes artisanes de la paix dans la région des Grands Lacs, pour un coût bien inférieur aux dépenses militaires, et obtenir des résultats nettement meilleurs ", a-t-elle déclaré.
-0- PANA MA/NFB/JSG 16avr2026




