Des millions de personnes vulnérables à travers le monde à cause de la guerre au Moyen-Orient
New York, Etats-Unis (PANA) – Près d'un mois après le début de la guerre “ dévastatrice ” au Moyen-Orient, son impact est considérable et s'étend bien au-delà des frontières des pays touchés par le conflit, a averti lundi un haut responsable des Nations Unies.
Il a souligné que ce conflit ébranle l'économie mondiale dans un contexte de “ hausse exponentielle ” des prix de l'énergie.
Selon le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS), les graves perturbations des chaînes d'approvisionnement et des routes maritimes affectent la disponibilité et les prix des biens essentiels, aggravant ainsi la précarité et la vulnérabilité des populations.
“L'escalade au Moyen-Orient continue d'avoir des conséquences dévastatrices pour les civils et leurs moyens de subsistance, avec des répercussions à l'échelle mondiale ”, a déclaré Jorge Moreira da Silva, directeur général de l'UNOPS, dans un communiqué.
Ces conséquences affectent directement le quotidien des populations et compliquent l'acheminement de l'aide humanitaire.
“Les perturbations et fermetures de l'espace aérien, des voies de transport, des voies maritimes et des principaux points de transit humanitaire au Moyen-Orient ont des répercussions sur les opérations humanitaires. ”
Un communiqué de presse précise que cette situation ne se limite pas aux routes et aux transports : elle affecte également des points stratégiques essentiels au commerce mondial.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement 20 % de la production mondiale d'hydrocarbures, est de facto bloqué en raison du conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par les frappes israélo-américaines contre l'Iran.
D'importants volumes de gaz naturel liquéfié et d'engrais sont également transportés par cette voie maritime.
Cependant, selon l'agence onusienne, les attaques contre des navires commerciaux, les navires bloqués et les marins menacent l'acheminement des biens essentiels et risquent d'entraîner une hausse des prix alimentaires.
Les populations vulnérables du Moyen-Orient et d'ailleurs risquent d'en subir les conséquences les plus graves.
“ Après des décennies de troubles, de guerres répétées, de stagnation économique, de sanctions et de crises socio-économiques, les peuples de la région méritent et ont besoin de paix, de stabilité et d'un développement durable ”, a insisté M. Moreira da Silva.
Cet avertissement intervient alors que les projections concernant l'insécurité alimentaire sont loin d'être rassurantes.
Selon l'ONU, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde devrait augmenter de plusieurs dizaines de millions.
Un conflit qui s'étendrait au Golfe pourrait également menacer les transferts de fonds, principalement vers l'Asie du Sud.
Les tensions dans la région ont donc des répercussions à la fois économiques et humanitaires.
AGaza, par exemple, les restrictions d'accès limitent l'acheminement des fournitures essentielles et entravent les opérations humanitaires.
Les pays en développement d'Asie et d'Afrique seront probablement les plus durement touchés.
Pour ne rien arranger, le conflit au Moyen-Orient a des répercussions sur les marchés des engrais.
“Ce qui menace la sécurité alimentaire dans les pays les plus touchés par la famine ou l'insécurité alimentaire, notamment le Soudan, le Soudan du Sud, l'Afghanistan, le Yémen et la Somalie ”, a insisté le chef de l'UNOPS, soulignant que “ seule une solution diplomatique et pacifique permettra de mettre fin à ce chaos et aux souffrances des populations ”.
Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a fait état d'entretiens entre son directeur général, Rafael Grossi, et le directeur de Rosatom, la société nucléaire d'Etat russe dont la technologie est utilisée à la centrale nucléaire de Bushehr, située sur la côte iranienne du golfe Persique.
Une frappe survenue le mercredi 18 mars, à environ 350 mètres de la centrale nucléaire de Bushehr, a “ touché et détruit ” une structure, mais n'a causé aucun dommage au réacteur ni blessé aucun membre du personnel, avait déclaré M. Grossi à l'époque.
Plus d'une semaine plus tard, l'AIEA a réaffirmé que, conformément aux " sept piliers essentiels de la sécurité nucléaire ", “ aucune action militaire ne doit mettre en danger l'intégrité physique et la sécurité des centrales nucléaires et de leur personnel d'exploitation ”.
-0- PANA MA/NFB/JSG 24mars2026




